Mon carnet de voyage en terre martiale : découverte du Yi Quan en Chine, à Tao Lin.
A la découverte de l’art de l’intention: Yi Quan
Septembre 2008. Enfin connecté au seul cybercafé du coin.
Très dur de trouver un café Internet ici en Chine. Me voilà une nouvelle fois En Terre Martiale, et cette fois-ci, c’est sur la terre nord de Chine, à une quarantaine de kilomètres de Beijing (Pékin), dans le village de Tao Lin. J’accompagne un ami, Michel Tournerie (professeur de Kung-Fu et Yi Quan) et je suis accompagné par un ami Christophe Ducrotois (pratiquant de Karaté Kyokushin et Arnis Kali). Je viens découvrir l’art martial nommé Yi Quan dans l’école du célèbre Shifu (Maître) Cui Rui Bin : le « Beijing Kung-Fu Yi Quan Institute ».
Yi Quan, l’art de l’intention ou boxe de l’intention
Le Yi Quan est un art martial à la frontière de l’interne et de l’externe. Toute personne peut venir s’y entraîner. On y trouve des jeunes cherchant le travail combat pour le sanda, des pratiquants tournés vers le Tui Shou (poussée de mains) et certaines personnes qui viennent pour le côté médical du Zhan Zhuang (posture du pilier).
Le point commun à l’école est que tout le monde fait 1 h 10 de posture le matin et l’après-midi.
Voici notre programme :
- 8h00 à 9h10 Zhan Zhuang (posture)
- 9h10 à 10h00 Shi Li (enchaînements)
- 30 minutes de repos pour une base de thé vert
- 10h30 à 11h30 Mocabu (marche)
- 14h30 à 15h40 Zhan Zhuang
- 15h40 à 16h00 Shi Li
- 30 minutes pour le goûter
- 16h30 à 17h30 Mocabu et Shi Li + Tui Shou
- 18h00 repas
Le maître nous explique les grands principes du Yi Quan et, normalement, demain, du Tui Shou (mains collantes).
Avec Christophe, j’ai profité d’une journée de repos pour aller à Beijing et visiter différents monuments, comme Gu Gong (la cité interdite) et le parc de Behai, mais malheureusement pas la place Tiananmen en raison des préparatifs de clôture des J.O. 2008.
Le jeudi soir, c’est combat pour les combattants, ce qui permet au maître de voir les progrès. Combats de Sanda qui peut aller au KO. Christophe a bien combattu jeudi dernier et a « fait moucher rouge son partenaire » en premier 😉 Celui-ci lui donna la réplique peu après. Félicitations à tous les deux. Beau combat.
Une autre sortie à Pékin, mais cette fois-ci pour une nuit et une journée. Sortie dans un bar des Hutong (rues typiques), puis décollage vers une boîte de nuit jusqu’à 2 h. Car le lendemain, c’était en route pour le temple du ciel Tien Tan et ses pratiquants de Taî-Chi, volley… dans le parc. Repas rapide et direction le marché aux puces avec calligraphies, peintures à l’huile, sculptures, bibelots, etc. Et, pour finir la journée, des achats au marché de la soie. 1 h 30 de taxi et nous voilà de nouveau à l’école. Demain, Zhan Zhuang, Shi Li, Tui Shu…
Le séjour a bien avancé. Il ne reste que peu de jours.
J’ai visité le temple de Confucius, superbe malgré un temps déplorable, et, finalement, la place Tian’anmen. Mais j’ai surtout effectué une balade gustative à deux pas des Champs-Élysées chinois : Yang Fujing. Les insectes, avec au menu : scorpions, mille-pattes, cigales, cocons de larve de soie, etc. En un mot : BEURK. Mais Christophe est fan des scorpions et des cigales. Comme quoi, tous les goûts sont dans la nature, et c’est bien le cas.
Dans le Yi Quan, la partie Tui Shou (poussée de mains) est vraiment intéressante. Un autre univers immensément riche s’ouvre devant moi. Pour les techniques tournées vers le combat, comme les déplacements, de pivots et de connexion du corps, elles vont enrichir ma pratique quotidienne. J’apprécie vraiment ce travail de mains collantes qui me rappelle le travail de Kakie dans le Karaté Goju-Ryu.
Les journées passent lentement. J’ai l’impression que cela fait au moins un mois que je suis ici. Le dépaysement est total.
Hier, avec Michel et Christophe, nous sommes allés visiter le lieu à voir en Chine du Nord : la Grande Muraille. Un site gigantesque par la taille, mais aussi par la vue qu’elle nous offre. Si un jour vous avez l’occasion de venir ici, n’hésitez pas une seconde et venez à Simatai 司馬臺 (et non à Badaling, site le plus proche de Beijing).
Les 6h d’entraînement journalier commencent à peser sur les épaules. J’ai fait un rapide calcul : 66 heures d’entraînement sur 12 jours. Ce qui représente pour quelqu’un qui s’entraîne au minimum trois heures par semaine un cumul de travail de 22 semaines.
Le Yi Quan est vraiment un art martial atypique, une science du mouvement corporel, alliant corps et esprit, un art du combat, et un aspect thérapeutique : le Yang Shen renforce le corps et élimine les tension, améliore le sytème immunitaire pour une meilleure circulation du Chi.
C’est le dernier jour, et il est temps que je dise au revoir à mes nouveaux amis, partenaires de cartes du soir, et à mes instructeurs, et que je remercie le maître de m’avoir accueilli avec tant de bonté et gentillesse.
Xié xié Lao Shi (merci Maître)
Lionel
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Documentaire sélectionné dans 8 festivals à travers le monde 🙂
Extraits de la version anglaise de « Yian Quan, l’art de l’intention » avec la splendide voix de Mano.