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HYOSHI, le rythme, la cadence dans le karaté et les arts martiaux

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Aujourd’hui, je vais aborder avec vous une notion essentielle dans le karaté et les arts martiaux : Hyoshi est le rythme, la cadence.

Miyamoto Musashi a écrit dans son livre Go Rin No Sho : « Le HYOSHI se trouve en toutes choses mais, il est impossible à acquérir sans entraînement. […] En sabre, le Hyoshi existe sous plusieurs formes ; il est très important de connaître le Hyoshi concordant, puis le Hyoshi discordant, et de discerner par les Hyoshi grands et petits, lents et rapides, le Hyoshi concordant, le Hyoshi de MAAI, et le Hyoshi discordant. Ce dernier est essentiel, faute de quoi le sabre ne sera pas sûr. Au combat, connaissant le Hyoshi de l’adversaire ; je dois utiliser un Hyoshi auquel il ne songe même pas, et je gagne en faisant surgir le Hyoshi du vide du Hyoshi de la sagesse. »

HYOSHI est rythme, cadence.

Quand on regarde un combat, de n’importe quelle discipline, les combattants ne sont pas immobiles, ils se déplacent, cherchent leur MAAI d’attaque ou de défense ou d’étude. Ce sont ces changements plus ou moins grands ou petits, rapides ou lents, qui créent le rythme du combat. Chaque combattant a son propre Hyoshi qu’il adapte en fonction du Hyoshi de son adversaire en plus de gérer son MAAI et celui de son partenaire. Voila pourquoi MAAI et HYOSHI sont inséparables.

Pendant le combat nous subissons le rythme, la cadence de l’adversaire mais aussi de notre propre corps. Contractions et décontractions des muscles, de notre respiration, de nos pensées. Tout est rythme.

Kenji Tokitsu : « La notion japonaise de HYOSHI renvoie dans cet exemple à la suite d’intervalles spatio-temporels rythmiques produits par la relation réciproque entre deux combattants et, en même temps à la cadence propre à chacun, qui est fortement liée à celle de la respiration et à l’état psychique. »

Hyoshi karaté : rythme et cadence dans les arts martiaux

HYOSHI en Karaté

Dans la pratique du karaté, il faut utiliser le kata et les kumite conventionnels pour développer le Hyoshi. Même si ces exercices peuvent apporter de nombreuses autres notions, principes et techniques, je ne parlerai ici que de la notion de Hyoshi que l’on retrouve dans ces exercices.

HYOSHI et Kata

Le kata est une forme, un moule, etc. présent dans beaucoup d’arts martiaux. Il est une séquence de gestes codifiés. En karaté, le kata s’exécute seul. Le but étant de réaliser une forme parfaite, de synchroniser techniques gestuelles et orientation d’esprit. Nous le savons depuis très longtemps le kata tient un rôle important dans la transmission codifiée de techniques, tactiques et rythmes. C’était un moyen mnémotechnique de transmettre le savoir du maître à l’élève. Cette façon d’enseigner n’est plus vraiment de rigueur aujourd’hui, l’apprentissage de nombreux katas est privilégié au fait d’en apprendre un seul en profondeur.

Le kata s’exécute suivant un rythme bien établi et connu du pratiquant. C’est donc grâce à ces séquences que le pratiquant va découvrir et apprendre le Hyoshi. Il est aussi très intéressant de pouvoir découvrir et apprendre les variantes des katas grâce à la pratique d’autres styles.

Kenji Tokistu : « Aujourd’hui, on ne peut espérer retrouver un contenu quelque peu occulté en s’enfermant dans un seul style. Chaque style nous transmet, de façon fragmentaire, tel ou tel aspect d’un kata. Il faut donc à la fois viser un dépassement des styles et se livrer à une exploration systématique de ce que chacun peut apporter. »

La pratique du kata n’étant pas une fin en soi mais un outil qui nous permettra d’acquérir technicités, points clés, principes et notions pour pouvoir les appliquer sur un partenaire/adversaire.

HYOSHI et Kumite conventionnel

Il existe 3 formes habituelles de combat conventionnel ou Kumite conventionnel :

Le Sanbon ou Gohon Kumite. Une attaque définie à l’avance répétée 3 ou 5 fois (Sanbon : 3 pas – Gohon : 5 pas). Le blocage est lui aussi choisi en amont. A travers la répétition, Uke apprend à gérer la concordance, à se synchroniser aux attaques de Tori. Il est dans l’apprentissage du Hyoshi dans sa forme la plus basique mais essentielle aux débutants. Plus le pratiquant avance, plus l’exercice peut se compliquer en changeant la cadence des attaques et le choix de celles-ci.

Le Kihon Ippon Kumité et le Ippon Kumité. Une seule attaque définie mais la gamme des techniques est bien plus grande que lors du Kumite à 3 ou 5 pas. C’est dans l’intervalle entre l’attaque et la contre attaque que le pratiquant pourra réaliser son blocage ou esquive. C’est ici qu’il s’exercera à pratiquer son Hyoshi : pour créer une opportunité de contre attaque efficace, il devra créer un contre temps avec un Hyoshi discordant.

Le Jyu Ippon Kumite. Tori et Uke se situent à 3 mètres l’un de l’autre. Tori va chercher son MAAI de combat pour lancer avec détermination et précision son attaque. Dans l’apprentissage de ce combat conventionnel, l’attaque et le niveau sont définis. Tori devra se déplacer pour trouver son MAAI mais aussi trouver un Hyoshi discordant. Il ne devra pas être dans un Hyoshi concordant sinon Uke pourra facilement bloquer, esquiver et contre-attaquer. Uke, lui peut aussi se déplacer en cherchant à garder son MAAI et en cherchant un changement de rythme dans Tori, décelant une attaque imminente.

Dans l’étape avancée de cet exercice, l’attaque et le niveau ne seront pas définis. Cela posera beaucoup plus de problème à UKE qui ne sera pas quel MAAI va chercher à atteindre TORI pour lancer sa technique. C’est dans la gestion du MAAI et du Hyoshi que Tori pourra se « réfugier » pour décoder l’attaque. Il devra aussi faire appel à la notion de YOMI que j’aborderai peut être plus tard dans un autre article.

La dernière étape est le Jyu Kumite. Dans cet échange, les 2 pratiquants seront soit en position d’attaquant, de défenseur ou en attente. Que ce soit dans la position d’attaquant ou de défenseur, le pratiquant doit se rappeler du travail effectué dans le Jyu Ippon Kumite pour décoder un changement de rythme, de cadence, d’intervalle, de distance… Tori devra penser qu’il n’est pas limité à une seule attaque mais pourra enchaîner plusieurs mouvements d’attaques appropriés à la situation. Uke quant à lui, devra « être sur ses gardes » pour ne pas se laisser surprendre par des enchaînements variant les distances et les rythmes.

Jacques Tapol : « Le rythme et la distance sont intimement liés. On travaille les deux ensemble car si on est en retard dans la distance, on ne sera pas dans le rythme et si l’on n’est pas dans le rythme, on ne sera pas dans la distance. »

HYOSHI et Bunkai

A travers la mise en application des Katas, le pratiquant va pouvoir mettre en place le MAAI et le HYOSHI. Le Hyoshi est très important dans le bunkai étant donné qu’il va introduire dans ses applications des changements de rythme pour être en discordance avec son partenaire.

Le pratiquant va chercher au départ à accorder son HYOSHI à celui de son partenaire pour pouvoir mieux passer dans un Hyoshi discordant pour placer ses esquives et contre-attaques qu’elles soient en Sen-no-sen, Tai-no-sen ou Sen-no-sen.

Kenji Tokitsu : « L’estimation juste et rigoureuse de la distance spatiale et temporelle ainsi que l’assimilation et la maîtrise des diverses cadences sont extrêmement importantes et doivent constituer des objectifs à développer dans la méthode de progression. »

On comprend parfaitement que le MAAI et le HYOSHI ne peuvent être séparés. Ils n’existent qu’au travers l’un de l’autre. Une autre notion inséparable vient se greffer à ces 2 premières : YOMI.

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2 Comments

  1. salut lionel

    j ai lu ton article et je l ai trouve tres interessant et enrichissant je me suis beaucoup base sur le livre des traites des cinq roues

    bonne journee

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lionel froidure karate

Je suis Lionel Froidure, budoka, karatéka, arnisador, réalisateur de nombreux DVD d’arts martiaux, présentateur des documentaires En Terre Martiale et j’adore partager mes découvertes pour vous aider à progresser. Au-delà de la transmission, mon but est d’inspirer les pratiquants à s’entraîner et de vivre leurs rêves comme moi.
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