Richard Folny : interview [vidéo]

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Entretien avec le nouvel expert Imagin’ Arts avec qui j’ai tourné un DVD pédagogique : Richard Folny.

Richard est 6e dan Nihon Jujitsu FMNITAI et 5e dan Nihon Tai Jitsu FFKDA. Il enseigne à école Luzienne à Sain-Jean de Luz au Pays Basque.

Transcription de l’interview avec Richard Folny

Lionel FROIDURE :  Aujourd’hui, pour ce week-end de la Toussaint, je vous emmène sur la côte basque, à la rencontre d’un pratiquant de Jujitsu, Nihon Tai Jitsu, Professeur d’Arts martiaux : Richard FOLNY. Bonjour et bienvenue sur Imagin’ Arts Tv.

Aujourd’hui, je suis sur la côte basque comme je vous l’ai indiqué juste avant et je suis avec Richard FOLNY, un ami, un pratiquant de Nihon Jujitsu, Nihon Tai Jitsu.
On vient de terminer le tournage d’un DVD, vous en saurez sûrement un petit peu plus à la fin de cet interview, mais pour l’instant découvrons ce pratiquant, cet enseignant.
D’abord, merci Richard de me recevoir.

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Richard FOLNY : Avec un très grand plaisir Lionel !

LF :  Est-ce que tu peux me raconter comment tu es rentré dans le monde des arts martiaux ?

RF :  J’ai commencé le Nihon Tai Jitsu à la faculté des sciences de Metz, juste après mon baccalauréat, suite à une petite altercation qui m’avait laissé une sensation de malaise ; à partir de là, j’ai essayé de faire en sorte de ne plus subir dans ma vie, j’ai donc ouvert la porte du dojo de l’université de Metz dans lequel était enseigné le Nihon Tai Jitsu et au bout de quelques cours, j’ai tout de suite vu que c’était la méthode qui me convenait.

LF : D’accord. Et depuis, tu n’as jamais arrêté ?

RF : En fait non, je ne me suis jamais arrêté et j’ai fait connaissance de Maître HERNAEZ en 1992 à Paris, lors d’un stage à Garches. C’est la première fois que je voyais le Kihon Kata et à partir de là, j’ai suivi son enseignement depuis presque 25 ans maintenant et on se voit entre 3 et 4 fois par an au moins.

LF :D’accord. Comment s’est passée cette rencontre avec lui ? Quel a été ton sentiment quand tu l’as rencontré la première fois ?

RF : Alors, j’ai un peu honte de le dire parce que je ne connaissais Sensei HERNAEZ que par le biais de ses livres et quand il est monté sur le tatami à côté de moi, je ne l’ai pas reconnu !
À l’époque, j’étais jeune ceinture verte, il me semblait être dans les « hautes sphères » des arts martiaux, je ne pensais pas que c’était quelqu’un d’accessible, mais au fur et à mesure de la pratique en stage avec lui, j’ai commencé à lui servir de Uke quand mon prof l’a fait venir à Metz, ensuite j’ai pas mal bougé pour le rencontrer, etc., et on a fini par devenir amis et voilà !

LF : D’accord. Et avec tout ce temps passé avec lui, quel est le souvenir qui t’a marqué le plus ?

RF : C’est sa personnalité. Après, on a toujours l’impression qu’on passe du cirage sur les chaussures, etc., mais c’est quelqu’un d’une très, très grande humilité, d’une très, très grande simplicité, qui vit à fond ce qu’il enseigne et il n’y a rigoureusement aucun décalage entre ce qu’il montre, ce qu’il dit et ce qu’il est, et c’est ce que j’apprécie beaucoup parce qu’on est là vraiment au cœur de ce qui peut être humain chez quelqu’un.

LF : D’accord. Donc tu as pratiqué pendant beaucoup d’années, mais qu’est-ce qui t’a fait passer de l’autre côté de la barrière, côté enseignement ?

RF : En fait, je ne me suis même pas posé la question parce que c’était quelque chose qui m’était complètement naturel, de transmettre ce que j’avais reçu. Il y a un proverbe japonais qui dit : « mes parents m’ont donné une éducation et mon maître a fait de moi un homme » et le seul moyen de le remercier pour tout ce qu’il a pu m’apporter, c’est de transmettre à mon tour le message qu’il véhicule depuis maintenant une soixantaine d’années.

LF : D’accord. Et comment cela se passe maintenant l’enseignement, avec le recul ?

RF : C’est-à-dire ?

LF :C’est-à-dire comment toi, tu le vis ? Qu’est-ce que tu essaies d’imprégner à tes élèves ? Qu’est-ce que tu essaies de leur transmettre ?

RF : En fait, je me rends compte avec le recul que dans la pratique des arts martiaux, mon enseignement n’est qu’un petit morceau. Je ne passe pas « de l’autre côté » comme tu l’as précisé tout à l’heure, je mets mon dogi, j’enseigne, je mets mon dogi, je fais des stages, je pratique et tout ça pour moi c’est un tout, c’est-à-dire que pour moi l’enseignement est une facette de ma pratique, je n’imagine pas pratiquer et ne pas enseigner, cela ne me vient même pas à l’esprit.

LF : Et l’inverse, est-ce que tu imagines enseigner et ne pas pratiquer ?

RF : Ah non, surtout pas ! Surtout pas parce qu’en fait je pense sincèrement que l’enseignant doit être un modèle, avec ses qualités, avec ses défauts, avec ce qu’il est et je pense que la pratique et la connaissance, ce n’est pas quelque chose de figé, on ne peut pas à un moment arriver dans sa pratique et dire : « voilà, ça y est, je sais tout, maintenant je ne vais plus me consacrer qu’à l’enseignement », non ! On est obligé de continuer à imprimer des sensations, de polir ses techniques, l’idée c’est qu’elles soient parfaites, c’est un peu l’idée du Dô dans les Budô, mais surtout c’est une remise en cause personnelle sans cesse, etc. et je pense que c’est ce qui fait avancer, jusqu’au moment où on découvre ce que l’on est réellement, avec ses défauts, avec sa gestion des incertitudes, etc.

LF : Donc en fait, tu as commencé les arts martiaux parce que tu avais une incertitude et une relation par rapport à une altercation, donc une insécurité …

RF : Oui.

LF :Cela, c’était avant, et maintenant, pourquoi tu continues en fait ?

RF : En fait, je ne me pose même plus la question, c’est parce que c’est devenu comme cela. J’essaie de m’entraîner au maximum, c’est un entraînement qui est quotidien, même le dimanche je ne me repose pas, ou je suis en stage, etc., et oui ça fait partie intégrante de ma vie, comme quand à midi on se met au repas pour manger ou le soir on se brosse les dents pour aller se coucher, c’est rentré dans ma vie en fait.

LF : Question très bête, mais préférerais-tu ne plus jamais revoir un film ou ne plus jamais pratiquer ?

RF : Je préférerais ne plus jamais revoir un film. Lequel ? C’est ça ?…

LF : Ah ça … Cela reste secret !

RF : Oui.

LF : Maintenant, on a filmé un DVD, ce DVD est destiné à qui en fait ?

RF : À ceux qui le souhaitent, à ceux qui souhaitent regarder ce qu’il y a dedans, à ceux qui souhaitent peut-être avoir un autre éclairage sur leur pratique, à ceux qui se disent : « ah tiens, j’avais entendu parler de ça, je l’avais déjà vu, est-ce que ça m’offre une possibilité de le faire autrement et surtout comment ? », pour les pratiquants, peut-être aussi pour les enseignants ; l’idée est d’échanger un certain nombre de choses, c’est un peu la pollinisation des idées.

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LF : D’accord. Donc ce DVD est plus destiné à tous les pratiquants et enseignants, pas juste à une certaine classe de pratiquants ?

RF : Non, du tout. Je pense déjà aux curieux, qui peut-être ne connaissent pas le Nihon Tai Jitsu et qui peut-être, en regardant la jaquette, se diront : « Quel est le contenu ? Qu’est-ce que je peux y trouver ? » et évidemment peut-être aux enseignants parce que moi j’enseigne maintenant depuis plus d’une vingtaine d’années et c’est vrai qu’à un moment ou à un autre je me suis posé des questions et il n’y a jamais eu de cours « clef en main », mais par contre peut-être que donner des idées ou donner un support pour pouvoir étayer un cours, c’est toujours intéressant.

LF : D’accord. Comment vois-tu ton futur par rapport à ta pratique ? Qu’est-ce que tu espères dans le futur, pour toi ?

RF : Ce que j’espère c’est pratiquer encore longtemps, vraiment, pourquoi pas jusqu’à la fin ? Et surtout continuer à véhiculer, essayer de ne pas m’arrêter, de ne pas me reposer sur mes acquis et toujours d’avancer.

LF : Qu’est-ce que tu espères pour les autres pratiquants ?

RF : Je ne peux pas espérer à leur place !
Ce que je souhaite, c’est que l’on continue à cheminer comme ça tous ensemble, comme on le fait actuellement parce que c’est vrai que les échanges, c’est quand même relativement important.
Il y a quand même quelque chose qui est hallucinant dans la pratique des arts martiaux c’est que tout ce que les maîtres nous ont donné, tout ce que nos Senpai nous ont donné, tous les échanges qu’on a pu avoir avec les autres, cela nous emmène vers une connaissance de notre corps, cela nous emmène vers l’approfondissement d’une technique et cela nous emmène aussi vers un esprit qui est particulier, donc globalement le Shin, le Gi et le Tai. Et cela veut dire que grâce à cela -en partie parce qu’il existe d’autres arts qui permettent aussi de se développer-, on peut penser par soi-même, on peut agir par soi-même, on peut partager et surtout on peut avoir cette liberté qui coûte tellement aujourd’hui et qui a un prix, celui de la transpiration, celui de la recherche, etc. Mais on arrive à être des individus et, je n’ai pas peur de le dire, sur la Voie, peut-être pour arriver avec un I majuscule devant « individu ».

LF : D’accord. Quel conseil aurais-tu à donner pour les pratiquants en général ?

RF : Le conseil c’est qu’avec la pratique on se rend compte que rien n’est acquis, mais je crois qu’il y a un proverbe, qui est assez juste d’ailleurs parce que la sagesse populaire l’est, c’est : « 100 fois sur le métier tu remettras ton ouvrage », donc je pense qu’il faut polir ses techniques, il faut les travailler et même dans les moments de doute, ne pas s’arrêter, continuer.
Pourtant, la Voie ce n’est pas quelque chose de facile, tu le sais, on se met parfois en danger, on sort de notre zone de confort et oui, on aimerait bien avoir une pratique « pantouflarde », c’est-à-dire rentrer, se mettre les pieds dans les charentaises, mais ça, ce n’est pas possible.
Si on veut vraiment avancer, il faut sortir un peu de soi et ça, ce n’est pas forcément évident.
Donc si j’avais un conseil à donner, c’est de ne pas s’arrêter, de se remettre en question, surtout de travailler et dans les moments de doute, se reporter à ce que sont nos fondamentaux, c’est-à-dire notre pratique, aller voir des gens qui nous entourent, qui sont riches d’une expérience pour nous guider et pour nous porter aussi parfois parce que c’est dur de porter tout, tout seul.

LF : Bien sûr, savoir se faire aider autant qu’on aide.

RF : C’est ça, voilà.

LF : Très bien. Merci.

Richard FOLNY : Avec grand plaisir !

Lionel FROIDURE :  Donc n’hésitez pas à aller à la rencontre de Richard, il sera ouvert à vos questions, allez-y, n’hésitez pas. Profitez-en, si vous êtes sur la côte basque, pour venir le voir, il est à Saint-Jean-de-Luz, n’hésitez pas à le rencontrer, à venir faire un cours avec lui, il sera ravi de vous accueillir.
A très bientôt. Bonne pratique à tous et n’oubliez pas : pour être un pratiquant, il faut pratiquer, alors pratiquons …

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lionel froidure karate

Je suis Lionel Froidure, budoka, karatéka, arnisador, réalisateur de nombreux DVD d’arts martiaux, présentateur des documentaires En Terre Martiale et j’adore partager mes découvertes pour vous aider à progresser. Au-delà de la transmission, mon but est d’inspirer les pratiquants à s’entraîner et de vivre leurs rêves comme moi.

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