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Le dojo n’est pas un commerce : c’est une forge humaine

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On ne transforme pas un être humain avec du confort.

On ne polit pas l’acier avec des caresses. On le forme au feu, au choc, à la répétition. L’être humain n’y échappe pas. C’est pour cela que l’évolution actuelle des arts martiaux me dérange.

Oui, ça m’inquiète.

Les dojos deviennent des salles de sport. Les pratiquants deviennent des clients. L’attitude change. Le sens se dilue. Le “client roi” entre en kimono. Et ce jour-là, quelque chose se fissure.

Tu enlèves les codes. Tu allèges la discipline. Tu simplifies pour “attirer plus de monde”.

Et tu te retrouves exactement comme l’école sans cadre : une structure qui essaie encore d’enseigner, mais dont la colonne vertébrale s’effrite.

Mon but n’étant pas de citer qui que ce soit, mais d’interpeller.

Le biais du consommateur : “Je paie, donc je mérite”

C’est probablement l’un des biais modernes les plus ancrés.

Tu paies → tu mérites.
Tu paies → on doit t’écouter.
Tu paies → tu es le centre du monde.

Sauf que…

Dans un dojo, ce raisonnement ne vaut rien. Tu peux payer ton cours, ton kimono, ton abonnement annuel. Mais tu n’achèteras jamais la compétence. Ni la précision. Ni la solidité interne.

Le dojo n’est pas un supermarché.
Le professeur n’est pas un prestataire.
Le savoir n’est pas un produit.

Tu ne mérites que ce que tu travailles.

Et si tu ne travailles pas, tu ne mérites rien… sauf recommencer. Recommencer, recommencer encore. Jusqu’à ce que ça s’imprime. C’est dur ? Oui. C’est exactement pour ça que ça fonctionne.

Quand les dojos deviennent des salles de sport

Je vois arriver des débutants complètement surpris par ce qu’ils découvrent :

“Comment ça on doit saluer ?”
“Pourquoi on ne parle pas ?”
“Mais Sensei, pourquoi on ne fait pas des trucs plus fun ?”

Ils imaginent un cours où tout tourne autour d’eux. Un coach qui adapte chaque minute à leur humeur du jour. Une progression qui tomberait du ciel, si possible rapidement.

Quand la hiérarchie apparaît, quand le silence s’impose, quand le groupe prend le dessus sur l’individualité, ils sont perdus. Certains fuient. D’autres restent, intrigués. Ceux-là deviennent souvent les vrais pratiquants.

Parce que le dojo, ce n’est pas un centre de fitness. C’est un laboratoire humain. Un endroit où tu perds avant de gagner. Où tu tombes avant de comprendre. Où tu t’inclines avant de t’élever.

Le piège de la progression linéaire : une illusion moderne

Deuxième biais dangereux : croire que l’évolution devrait être régulière, stable, presque “scientifique”.

Comme une courbe qui monte sans jamais redescendre.

La réalité ? C’est une montagne dans le brouillard. Tu avances sans toujours savoir où tu mets les pieds. Tu as des jours incroyables. Et des semaines catastrophiques. Et parfois, rien. Silence. Stagnation.

Ce n’est pas un bug. C’est le processus.

Dans la pratique, on ne récolte pas immédiatement. On plante. On arrose. On doute. Puis, un matin, quelque chose change. Parfois sans prévenir. C’est le miracle discret de la persistance.

Le professeur : coach sportif, commerçant… ou passeur ?

Je l’ai déjà dit et je le répète : je suis un pratiquant avant tout. Un passionné. Un chercheur. Un éternel élève.

Le professeur que je suis ne vend pas un service. Il transmet une connaissance. Mais uniquement à celui qui vient la chercher, vraiment chercher, pas à celui qui vient la payer.

Celui qui réclame de la facilité n’est pas encore prêt. Celui qui réclame qu’on s’adapte à lui n’a rien compris. Celui qui veut que le sensei soit “cool”, sympa, arrangeant… veut en réalité un animateur.

Et moi, ce que je veux transmettre, c’est une voie. Pas une activité.

Lionel Froidure - karaté salut à genou - seiza

Le rituel et l’étiquette : plus que du folklore

Les rituels ne sont pas là pour faire joli. Ils ne sont pas “vieux”. Ils ne sont pas “inutiles”.

Un salut, c’est une porte qu’on ouvre. Le silence, c’est un espace qu’on crée. La position, c’est un état mental qu’on installe. La hiérarchie, c’est l’ordre naturel de ceux qui marchent sur la même voie.

Enlever tout ça, c’est débrancher les fondations. C’est transformer un dojo en salle polyvalente. Et un groupe de pratiquants en simple “activité du mercredi”.

Le paradoxe moderne : vouloir les bienfaits sans accepter les contraintes

Tout le monde veut les bienfaits : confiance, dépassement, efficacité, calme, maîtrise…

Mais peu veulent les contraintes qui vont avec. C’est comme vouloir l’eau chaude sans feu. Impossible. Ce paradoxe est partout aujourd’hui : des personnes qui veulent changer… sans changer leurs habitudes.

Des personnes qui veulent un mental solide… sans sortir une seule fois de leur zone de confort. Des parents qui veulent la discipline pour leurs enfants… mais seulement si elle est “douce”.

La discipline n’est pas douce. Elle est juste et équilibrée. Elle modèle, elle transforme.

Lionel Froidure à Okinawa avec sensei Kiruna et sensei Oshiro

La difficulté comme porte d’entrée : un filtre, pas un mur

J’ai enseigné dans des stages où des élèves ont craqué, pleuré, tremblé. J’ai vu des pratiquants tomber et se relever cinq fois dans la même cours. J’ai vu des jeunes en Équipe de France qui pensaient être forts… jusqu’au moment où l’entraînement révélait la vérité.

Je l’ai vécu à Okinawa, en Chine, en Corée, aux Philippines. Partout, la même chose : c’est quand c’est dur que le maître observe.

Quand toi tu crois que le cours commence, lui considère que ce n’est que l’échauffement. Il regarde ta capacité à rester. À persévérer. À tenir.

C’est le filtre.

Le tatami (parquet) se doit d’être un révélateur. Les arts martiaux ne demandent pas que tu sois fort. Ils demandent que tu sois sincère.

Le dojo comme territoire sacré : le sensei comme gardien

Un dojo, c’est un territoire particulier. Un lieu particulier. Un espace en marge du monde, comme une enclave où les règles changent. On y dépose l’ego, on y endosse la discipline, on y traverse des tempêtes intérieures. Et le sensei en est le gardien.

Un sensei exigeant attire peu de monde. Mais il attire des gens sincères. Et il garde l’essence vivante. Un sensei trop “cool” attire beaucoup de monde. Mais il attire des consommateurs. Et son dojo se vide intérieurement.

Un dojo doit être vivant, oui. Mais pas dilué. Pas vendu. Pas dévié. Le sensei maintient le cap. Ou le perd, et avec lui, tout s’éffondre.

Trouver le juste centre : tradition + pédagogie intelligente

Il ne s’agit pas de devenir un tyran. Ni un animateur touristique.

Il s’agit de tenir le centre : cet endroit précis où tradition et pédagogie se rejoignent. Le silence a sa place. L’échange aussi. Mais la rigueur est essentielle. La compréhension l’est tout autant.

Tu guides. Tu observes. Tu ajustes. Tu transmets, parfois en parlant, en touchant, parfois en laissant faire, parfois en laissant l’élève se tromper pour apprendre.

Si tu veux progresser dans ta pédagogie, affiner ton approche, comprendre comment transmettre mieux sans perdre l’âme martiale, j’ai créé un espace pour ça. D’ailleurs une question dans notre rendez-vous mensuel en live était « Comment garder la martialité dans des cours enfants et pas créer une cours de récréation ? » Le Club Vidéo de Karaté est dédié aux pratiquants et aux enseignants pour les aider à aller plus loin dans leur pratique et leur enseignement.

Tu transmets ce que tu es. Et tu deviens meilleur en transmettant. Mais encore faut-il avoir un cadre pour progresser soi-même.

La Voie n’est pas à vendre : elle se mérite

On peut acheter beaucoup de choses aujourd’hui. Un abonnement. Un karate-gi. Un grade, parfois.

Mais jamais la transformation. La transformation, c’est toi. Ton effort. Ta sueur. Ta persévérance. Ton humilité. Ta capacité à revenir, encore et encore, même quand tout te dit d’abandonner.

Le dojo n’est pas un commerce. C’est un lieu où on se reconstruit. Un lieu où l’on devient quelqu’un d’autre, ou plutôt : quelqu’un de plus aligné avec soi-même.

Table des matières
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Image de Lionel Froidure

Lionel Froidure

Fondateur de Imagin' Arts - CN 7ème Dan Karaté - CN 6ème dan Arnis Kali - Professeur diplômé d’état DEJEPS - Instructeur Arnis Kali 3ème degré WADR - Enseignant au Blagnac Arts Martiaux - Ma citation : "Pour être un pratiquant il faut pratiquer. Alors pratiquons. » - J’adore partager mes connaissances pour vous permettre de progresser que ce soit au dojo, en stage et bien sur dans le Club Vidéo.

6 commentaires

  1. Bonjour Lionel
    Complètement en accord avec cette réflexion. J’essaie de l’appliquer au mieux dans le dojo que je viens de reprendre et même si parfois cela peut me valoir quelques remarques, disons d’incompréhension, pour les moins sincères, cela m’encourage à poursuivre dans cette voie.
    Je considère en effet que les préceptes valant au dojo, valent ou devraient également valoir dans l’éducation et au delà dans la vie. Cela va sans dire, mais c’est mieux en le disant ;-)
    Bonnes fêtes de fin d’année !
    Nicolas

    1. Bonjour Nicolas,
      merci pour ton retour et ton engagement. Les incompréhensions font partie du chemin quand on tient un cadre exigeant, mais elles sont souvent le signe qu’on est à la bonne place. Le dojo est un miroir de la vie : ce qu’on y apprend dépasse largement le tatami. Continue à tenir cette voie, elle forge sur le long terme.
      Très bonnes fêtes à toi également.

  2. Le Maitre parle de forge a bon escient, ne dit- on pas que c’est en forgeant que l’on devient forgeron ? Et l’on ne transmet que ce que l’on a longtemps passé et repassé sur l’enclume, c’est dur , difficile , certes mais de même qu’un sabre est digne de ce nom , celui qui transmet l’art doit être en acier trempé , rompu à la discipline. J’adhère à ce concepte.
    Merci Mr Froidure.

    1. Merci Jacques pour cette belle métaphore, très juste.
      On ne transmet effectivement que ce que l’on a soi-même éprouvé, parfois durement. La discipline, comme l’acier, se trempe dans l’effort et le temps. Heureux de lire que cette vision résonne avec la vôtre.
      A bientôt et belle pratique.

  3. Vous avez bien raison.
    J’ai créé un club dédié aux Séniors de plus 60 ans. Huit pratiquants sur dix ne connaissaient pas le karaté. Pourquoi sommes-nous toujours plus nombreux ? Parce qu’il trouve dans notre karaté tous les critères cités par Lionel : Rite, rigueur technique, persévérance, patience, respect des fragilités de chacun (la moitié ont une maladie chronique), et curiosité en sortant du cadre du club en consultant les vidéos de qui vous savez. Merci pour tout. Pierre.

  4. Merci Lionel d’oser dire, écrire quitte à déplaire. La tradition martiale passe par cet apprentissage, par ce dépassement de soi, par cette rigueur, par ce respect de soi, de ses partenaires et sensei. Aujourd’hui, les pratiquants vieillissant, nous perdons l’essence même du dépassement de soi, par peur de se faire mal, de se blesser… difficile donc quand on pratique à côté d’aller puiser au plus profond de soi l’ultime limite. Sauf à aller chercher dans un autre Dojo ce Keiko qui permettrait de se remettre en phase…

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