Le 3 janvier 2025, j’ai été reçu au 7e dan de karaté. Ce n’est pas une fin. Ce n’est pas un aboutissement. Le chemin continue. Ce passage au 7e dan n’a rien à voir avec ce que j’imaginais plus jeune. Ce n’était pas un objectif de départ. C’est quelque chose qui s’est construit avec le temps, la pratique, les rencontres, et l’entraînement conscient.
Dans cette vidéo, je te partage : – ce que représente réellement ce grade pour moi – la préparation, le stress, le plaisir du jour J – la responsabilité que cela implique quand on est devant beaucoup de monde – et pourquoi, malgré tout, le chemin ne fait que continuer Au-delà d’un passage de grade, c’est aussi une aventure humaine, vécue à deux, avec mon partenaire Philippe Martinez, et nourrie par des années de pratique sincère.
Pour celles et ceux qui souhaitent continuer à pratiquer et approfondir, je partage une grande partie de mon travail pédagogique et martial sur le club vidéo de karaté.
Merci d’avoir pris le temps de regarder cette vidéo. Et comme toujours… bon keiko à tous.
TRANSCRIPTION VIDEO
Le 3 janvier 2026, j’ai été reçu au 7e dan de karaté.
Ce n’est pas une fin. Ce n’est pas un aboutissement. Et aujourd’hui, je ne vais pas t’expliquer comment on devient 7e dan. Je vais plutôt t’expliquer ce que ce grade m’engage à être, et pourquoi, pour moi, le chemin continue — peut-être plus que jamais.
Je dois être honnête : début septembre, je pensais déjà le passer. J’attendais avec impatience la date du calendrier fédéral. J’avais commencé à m’entraîner seul, en extérieur, le vendredi soir, pendant les cours de rugby de mon fils.
Des moments simples, sans témoin. Juste pour voir si l’envie était là.
Puis j’ai appris que mon ami et partenaire, Romuald Canizares, ne pouvait pas se libérer pour des raisons professionnelles. Et à ce moment-là, j’ai douté. Je n’étais plus certain de vouloir le passer sans lui.
C’est finalement fin octobre, au Japon, en marchant dans les sanctuaires shinto, en m’entraînant à l’ancien Yoseikan Dojo ou encore au dojo de Naka Sensei, que j’ai clarifié une chose : j’allais le passer, mais à une seule condition.
Il fallait que mon ami Philippe Martinez soit disponible.
Sinon, j’aurais reporté.
Parce qu’au-delà d’un passage de grade, c’est une aventure qui se vit à deux. Et je voulais vraiment la partager avec quelqu’un qui compte.
Philippe a répondu présent. Nous avons commencé à nous entraîner ensemble deux mois avant l’échéance. Et c’est là que cette aventure a réellement commencé.
Une préparation sobre, claire et fidèle à ma pratique
Le programme était volontairement sobre et clair.
Du kihon seul, puis à deux. Des bases, mais orientées vers une pratique d’aujourd’hui. Deux katas : Hangetsu et Nijūshiho. Du bunkai sur Hangetsu. Et du jiyū ippon kumite.
Ce que j’ai le plus apprécié dans cette préparation, c’était le plaisir de partager ma pratique, mon chemin, ma vision actuelle du karaté.
J’ai construit un programme cohérent, fidèle à ce que je cherche aujourd’hui dans ma pratique. Un kihon qui évolue au fil des blocs. Un kihon qui descend au sol, avec du travail à genoux. Un kihon qui intègre aussi bien les kansetsu-waza, les shime-waza, les nage-waza que les atemi-waza.
Parce que tout cela fait partie du karaté.
À mon sens, le karaté ne se limite pas à une forme figée, à une esthétique ou à un cadre immuable. Il est vivant. Il est fonctionnel. Il s’adapte au corps, à l’âge, à l’expérience et aux compétences.
Cette préparation a surtout été faite de moments d’échange et de pratique partagés entre amis.
Le jour de l’examen
Le jour J, il y avait du stress, bien sûr. Mais un stress contrôlé. Un stress sain. Celui qui met dans l’instant.
Et surtout, il y avait beaucoup de plaisir.
Le plaisir de passer devant ses pairs. Le plaisir de montrer quelle est ma pratique aujourd’hui.
L’examen s’est déroulé à Montrouge, devant un jury composé de Bernard Bilicki, Ryozo Tsukada et Serge Serfati. Trois experts, trois regards, et un profond respect pour chacun d’eux.
Lors de l’entretien, plusieurs questions m’ont été posées, dont une que je souhaite partager ici :
Pourquoi ces deux katas ?
Nijūshiho, parce que c’est mon tokui kata. C’est un kata qui sort des embusen ordinaires, qui casse les axes, qui varie les hauteurs, les profondeurs et les rythmes, comme en combat.
Hangetsu, parce qu’il représente ce lien entre Shuri-te et Naha-te, entre deux approches complémentaires du karaté.
Et puis il y a le jiyū ippon kumite.
L’épreuve que l’on ne prépare jamais totalement. L’épreuve que l’on vit.
Un grade n’est qu’un niveau au jour J
Quand le résultat est tombé, j’étais évidemment content. Fier du travail accompli.
Mais très vite, une autre pensée s’est imposée.
Le grade de 7e dan, comme tous les autres grades, n’est qu’un niveau au jour J. À un instant donné.
C’est un niveau qu’il va falloir maintenir chaque jour, entretenir, et chercher à faire évoluer par un entraînement conscient et régulier.
Car le chemin est loin d’être terminé.
Et c’est probablement là, pour moi, que ce grade prend tout son sens.
Quand on avance dans la pratique, quand on est devant beaucoup de monde, on devient un repère. Quelqu’un que l’on observe. Quelqu’un qui montre qu’un chemin existe, sans jamais dire que c’est le seul.
On n’est pas observé uniquement pour ce que l’on affiche, mais pour ce que l’on incarne dans la durée, dans la cohérence, dans la manière d’être.
Et cela, c’est une responsabilité.
Cela implique de continuer à pratiquer. De rester, avant tout, un pratiquant. Un élève. Un apprenant.
Remercier ceux qui rendent ce chemin possible
Je souhaite remercier ma famille.
Cet examen avait lieu le dernier week-end des vacances de fin d’année. Un moment normalement consacré au repos et au temps partagé. Ce n’est jamais simple de partir, de laisser la maison, de laisser ceux que l’on aime.
Sans leur soutien, rien de tout cela n’aurait été possible.
Je souhaite aussi remercier tous les élèves du Blagnac Arts Martiaux.
Avec vous, je progresse. J’échange. Je partage semaine après semaine, année après année. Votre engagement, votre énergie et vos questions nourrissent ma pratique autant que mon enseignement.
Pour certains, un grade peut ressembler à un point d’arrivée.
Pour moi, tant que je peux monter sur le tatami, il y aura toujours un chemin à suivre.
Bon keiko à tous, et à très bientôt sur les tatamis, d’ici ou d’ailleurs.








