Il y a une sensation que beaucoup de pratiquants connaissent : tu t’entraînes, tu répètes, tu fais des stages, tu apprends… et pourtant, tu as l’impression de stagner. Pas forcément de régresser, non. Mais d’être coincé sur un palier. Comme si ta pratique ne s’imprimait plus vraiment dans le corps.
Dans la vidéo ci-dessous, je te parle d’un concept japonais simple en apparence, mais profondément utile pour comprendre ce phénomène : Shu–Ha–Ri. C’est une grille de lecture qui s’applique au karaté… mais aussi à tout apprentissage dans la vie.
Shu–Ha–Ri : trois étapes, un seul chemin
Shu–Ha–Ri décrit une progression en trois temps. Et ce qui est intéressant, c’est que ces étapes ne sont pas seulement “techniques” : elles parlent surtout de la manière dont tu deviens compétent, stable, et finalement libre.
1) SHU — Obéir : construire les fondations
Shu, c’est l’étape où tu copies. Tu répètes. Tu suis.
En karaté, c’est le travail parfois ingrat : postures, déplacements, respiration, kihon, kata… sans chercher à “personnaliser” trop vite.
C’est souvent là que l’ego se crispe : on veut comprendre tout de suite, ajouter sa patte, aller plus vite. Mais Shu est indispensable, parce que c’est la phase où tu construis des fondations. Une maison peut être magnifique… si ses fondations sont solides. Sinon, elle fissure tôt ou tard.
2) HA — Casser : comprendre les principes derrière les formes
Ha, ce n’est pas casser pour détruire. C’est casser pour comprendre.
Quand les bases sont là, tu commences à comparer, à relier, à discerner ce qui est essentiel. Tu comprends les principes derrière les formes : timing, distance, intention, rythme, structure.
C’est aussi une étape où l’on peut se tromper : Ha n’est pas une “rébellion”. Si tu passes en Ha sans avoir réellement traversé Shu, tu adaptes… mais sur du vide. Et tu t’étonnes ensuite de ne pas progresser.
3) RI — Dépasser : incarner
Ri, c’est le moment où la technique cesse d’être une liste d’actions conscientes.
Le corps répond. Le geste sort. L’attention est disponible. Tu n’es plus en train de “faire du karaté” : tu incarnes des principes.
Ce stade ne se décrète pas. Il se construit. Et il repose entièrement sur la qualité de Shu et de Ha.
L’erreur qui crée la stagnation
La stagnation naît souvent d’une confusion : comprendre intellectuellement n’est pas intégrer corporellement.
Tu peux “savoir” quelque chose et pourtant ne pas l’avoir installé dans ton système. C’est exactement comme dans n’importe quel apprentissage : tu peux lire une méthode, regarder des tutos, connaître la théorie… et rester bloqué si tu ne fais pas le travail patient des bases.
Ce qui change avec l’expérience
Un point essentiel : Shu–Ha–Ri se lit et se vit différemment selon ton niveau.
Le débutant voit Shu comme une contrainte. L’avancé y voit une richesse. L’expert y revient sans cesse. On ne quitte jamais vraiment Shu : on y retourne, mais avec une profondeur nouvelle.
Si tu te sens bloqué, pose-toi une question simple :
Est-ce que je refuse une étape… ou est-ce que je veux aller trop vite ?
Si tu veux aller plus loin que la simple compréhension de Shu–Ha–Ri, je t’ai préparé un support très concret : mon ebook des “3 notions indispensables” — la distance, le rythme et la lecture. Ce sont trois repères qui transforment ta pratique au quotidien, parce qu’ils te donnent une grille de lecture simple pour mieux comprendre ce que tu fais sur le tatami… et pourquoi tu le fais. Télécharge l’ebook ici






