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Enseignement, Argent et Karaté

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Un sujet très controversé : la relation entre l’argent et le karaté (arts martiaux).

Tous ceux qui lisent cet article auront à un moment donné échangé de l’argent contre des cours, des stages, des équipements, des vidéos, des livres… C’est un fait, il y a échange d’argent dans les arts martiaux. Alors pourquoi avoir des boutons lorsque l’on entend « argent, karaté et enseignement  » dans la même phrase ?

Dans le monde de l’enseignement en France, sujet d’aujourd’hui, il y a très peu de professionnels du karaté, comparé au nombre de bénévoles. Vivre du karaté n’est pas quelque chose de facile de nos jours. À l’inverse, aux États-Unis, ils sont très nombreux, et certains commercialisent à outrance nos arts.

L’argent est le nerf de la guerre

Sans argent, il n’y a pas de dojo, d’eau, d’électricité, de licence… Les dojos ont besoin d’argent pour payer les factures et continuer à vivre.

On ne remercie pas assez les professeurs bénévoles de se donner à fond pour leur discipline sans en récupérer le moindre centime ; certains payant même leur propre essence pour aller donner des cours.

Est-ce bien raisonnable ?

Car, sans eux, il n’y aurait pas beaucoup de dojos, pas de cours, pas d’échanges, pas de partage…

À l’opposé des bénévoles, il y a des professeurs vivant de leur art. Leur vie est entièrement consacrée au dojo, un subtil mélange entre entraînement personnel, transmission de leurs connaissances, gestion, communication… Ils ont fait un choix de vie qui est difficile, il faut l’entendre : vivre de l’enseignement du karaté n’est pas facile.

Rendre d’une main ce que l’on à reçu de l’autre.

Les non-professionnels, les bénévoles, représentent la plus grande majorité. S’ils sont diplômés, ils ont suivi une formation initiale pédagogique, plus ou moins approfondie. Ils ont la flamme de transmettre et de faire des heures sans rien attendre en retour. Ils prennent souvent beaucoup de temps sur leur vie de famille pour pouvoir enseigner le soir, amener les élèves en compétition le week-end et prendre des vacances pour être en stage. Très souvent gratuitement, car les clubs n’ont généralement pas assez d’élèves pour pouvoir les rémunérer. Ils leur payent les frais de déplacement, et parfois des stages dans l’année.

Un bénévole a une vie à côté du dojo : un travail et une vie de famille. Il n’est pas tout le temps présent. Il n’est pas forcément inspiré dans tous ses cours, car il n’a pas forcément eu assez de temps pour les préparer. Sa formation en tant que professeur est souvent restreinte, car il est limité par son temps libre : travail, famille et dojo. Souvent – pas toujours –, les bénévoles ont du mal à continuer à s’entraîner, généralement par manque de temps, encore une fois.

Lionel Froidure enseigne le karaté à des enfants

Doit-on payer pour recevoir un enseignement ?

J’ai entendu dire par des parents que le karaté était un « sport » cher. Eh bien, ils ne sont jamais allés demander le prix des cours de danse, d’équitation, de hockey… En moyenne, les cotisations dans les associations de karaté se situent aux alentours de 250 euros la saison pour deux cours par semaine, soit une moyenne de trois euros le cours. Je ne trouve pas cela cher payé pour recevoir un enseignement de « qualité » par un professeur humain, pédagogue et diplômé.

Les professionnels ont souvent mauvaise publicité, car on les regarde comme des commerciaux, échangeant contre de l’argent des cours/stages. Ils ne vendent pas un savoir, mais ils sont payés pour transmettre un savoir, ce qui est totalement différent, tout comme un professeur d’école. Confieriez-vous, sans froncer les sourcils, l’éducation scolaire de votre enfant à un bénévole, à quelqu’un qui n’a pas de qualification, qui ne suit pas de programme ? Dans les arts martiaux, c’est pareil ! On paye la transmission d’un savoir.

Un professionnel qui vit totalement de l’enseignement du karaté a du temps pour préparer ses cours, et il est toujours présent. Il ne peut pas se permettre d’être absent. Il doit être inspiré dans tous ses cours, car il a du temps pour les préparer. C’est son boulot et sa passion de transmettre. Il veut ressentir la satisfaction d’un travail bien fait. Sa vie, c’est le dojo. C’est un gage de qualité et d’engagement.

Être « pro » est un choix de vie particulier. Souvent, ils sont sous-payés et ne comptent pas leurs heures passées sur le tatami, à préparer les cours à la maison, à faire de la communication, à gérer les problèmes du club, à accompagner les élèves en compétition, à se former, et surtout à continuer à s’entraîner pour pouvoir continuer à enseigner un art qui continue à vivre en eux.

Souvent, ces enseignants professionnels ne vivent pas entièrement de leur art, car ils n’ont pas assez d’heures de cours, pas assez d’élèves. Nombreux sont ceux qui ont un travail à mi-temps à côté pour pouvoir faire bouillir la marmite. Ils sont courageux, car ils savent que le chemin qu’ils suivent n’est pas facile. Et, qui sait, peut-être qu’un jour, après de nombreuses années d’efforts, ils pourront vivre entièrement de leur art. Sans effort, pas de récompenses.

karate Lionel Froidure

Quand l’argent dénature l’art martial

Là où le professionnalisme pèche, c’est quand la transmission devient une entreprise, quand l’élève devient un client que l’on doit garder à tout prix, lui faisant payer les passages de grade, les diplômes, obligation de faire des stages payant… – et à des prix exorbitants –, donnant des ceintures, non méritées, afin de garder les « clients » au club pour une saison supplémentaire. Ce n’est plus du karaté, c’est du business. Ils ne vendent pas une saison d’entraînement, mais une ceinture à la fin de l’année. Beurk… 🙁

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Je suis un pro depuis plus de 20 ans, mais je n’ai pas de dojo privé.

Je suis employé au Blagnac Arts Martiaux depuis 16 ans comme chargé des cours de karaté. La section a beaucoup évolué, grâce à un travail de fond, qui ne se voit pas au jour le jour, mais qui finit par payer avec le temps. Le grand avantage que je vois aujourd’hui, c’est que je suis salarié de cette association. Dans le monde des arts martiaux, c’est assez rare d’avoir des associations qui embauchent en CDI des éducateurs sportifs. J’ai cette chance. Je suis un professionnel du karaté, mais je n’ai pas à m’inquiéter de savoir si j’aurai suffisamment d’élèves pour pouvoir payer mon salaire, le loyer du dojo municipal et tous les frais annexes. Mon job est d’amener à la connaissance, de transmettre un savoir et des compétences à ceux qui veulent apprendre et de suivre la directive sportive du club – heureusement ils m’écoutent et ne font pas n’importe quoi – Mon boulot, comme celui d’un professeur d’école, est de guider les élèves sur un chemin ; ici, la voie du karaté-do, des arts martiaux.

Le professionnalisme a un mauvais côté pour les enseignants qui cherchent à améliorer leur train de vie en changeant leur façon d’enseigner, la rendant plus attirante ou donnant aux élèves/clients ce qu’ils veulent. Nous vivons dans une société de consommation où tout doit aller vite, changer en permanence. Mais le chemin du karaté et des arts martiaux est à l’opposé. C’est le chemin de toute une vie, faite de routines d’entraînements, de retour aux bases et aux fondamentaux, de recherches… Certains enseignants passent du côté obscur en vendant à leur client le produit qu’ils demandent. Ce ne sont plus des budokas, mais des marchands de tapis.

On peut se payer le meilleur des enseignants, experts ou maîtres pour nous transmettre son savoir, l’argent ne remplacera jamais notre assiduité, nos efforts, notre abnégation à l’entraînement, et surtout notre réelle évolution corporelle, comportementale et humaine.

Cet article n’est qu’une rapide représentation de MON point de vue, je pourrai en parler toute la nuit. Je vous encourage à partager VOTRE avis sur le sujet en laissant un commentaire ci-dessous.

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6 Comments

  1. Bonjour Lionel,

    Merci pour cet article qui rend hommage à tous les enseignants passionnés bénévoles et professionnels de notre art.
    Personnellement je suis pour la professionnalisation des clubs car le bénévolat comme tu l’expliques à ses limites. Avec un professionnel tout le monde et gagnant car il a plus de temps pour s’entraîner et propose donc des cours de meilleur qualité et est plus disponible pour la préparation des cours, pour faire plus de cours, pour organiser des stages, et même pour rechercher des sponsors et préparer les dossiers de subvention…
    En outre beaucoup de professeurs sont bénévoles avec malgré tout un BE ou un DEJEPS et ce n’est pas juste qu’il ne soit pas payé. Peu de gens accepte de travailler gratuitement avec un bac+2 mais en karate c’est trésor courant.
    Merci et bonne continuation.
    Bruno

  2. Bonsoir lionel, pour ma part un sensei doit être rétribué de part déjà pour s’assurer que les pratiquants soient fidélisés, si les cours étaient gratuits, je pense que la plupart viendraient quand ils le pourraient ou voudraient, ensuite pour garantir des cours de qualité, avec une formation continue du sensei qui doit se tenir informé des nouvelles dispositions des différentes fédérations et ensuite la pédagogie des cours, il me semble essentiel que cette pédagogie propre à chaque sensei soient rémunéré. L’art martial doit pouvoir vivre et pour celà il faut que le sensei soit rémunéré alors payer pour pratiquer OK, mais comme tu le soulignes il ne faut que celàtourne au business, et que certains sensei donne une ceinture car c’est la mode, la ceinture celà se mérite, de part son implication, sa restituion, sa formation, et surtout via le regard que ton sensei porte sur ta formation.

  3. Je suis suis en parti d accord avec ce qui est dit. Cependant mon opinion est différente. J’ai été formé uniquement par des professeurs bénévoles bientôt que tous avaient les diplômes pour être rémunérés. Je peux même citer mon dernier vrai maître et ami aujourd’hui Alain Auclert. 8 dan il n’a jamais été rémunéré ni au club ni en équipe de France. Alors qu’il passait toutes ses nde pourquoi il n’était pas payé pour tout ce temps voici sa réponse : » Si t’es payé, tu tronques tes rapports avec les autres. Tu n’es plus libre de tes choix dans ta façon de faire et pour moi la liberté ça n’a pas de prix. » J’ai entendu ce qu’il m’a dit et ce fut pour moi une révélation. J’ai reçu un enseignement par des gens qui le dispensait gratuitement et je ne me sent pas le droit de vendre ce savoir. Je préfère l’offrir. Aujourd’hui 5 dan, j’ai un métier qui me passionne et qui me permet de bien vivre. Titulaire d’un cqp, lorsque je donne un cours avec les enfants les parents sont toujours surpris quand je leur dit que je suis bénévole. Je donne aussi des cours de self defense au commissariat de toulouse bénévolement et là encore mes collègues sont surpris d’apprendre que le cours sont gratuits. Cette liberté de penser, d’agir et de parole j’y tiens et je ne souhaite pas changer cela. Maintenant je n’ai rien contre les enseignants professionnels ou semi pro, d’ailleurs le club dans le lequel je suis licencié sur Toulouse le professeur responsable est semi pro. L’article est intéressant et à le mérite d’aborder une facette tabou en France des art martiaux. C’est vrai qu’aux states ou en Chine c’est parfois un peu n’importe quoi côté argent. Bon courage et à bientôt pour la master classe de novembre.

  4. Il y’a certains pays où vivre des arts martiaux n’est pas possible je pense.
    J’ai l’impression qu’en France il n’y a pas de reconnaissance envers les enseignants d’arts martiaux ou de sports de combat.
    Comme tu disais dans l’article, les professionnels sont mal-vus, certaines personnes ne comprennent malheureusement pas qu’avoir un dojo ou une salle ca coute de l’argent et paradoxalement ces mêmes personnes sont parfois prêtes à mettre des centaines d’euros dans une salle de sport où ils ne mettront les pieds que 2 ou 3 fois dans l’année.

  5. Bonjour Lionel,

    Pourquoi avoir rajouté cette phrase ? « Je suis un pro depuis plus de 20 ans, mais je n’ai pas de dojo privé » dans ton article.
    En marge de ce que tu as écris dans cet article, penses tu que les différentes fédérations ( ou écoles pouvant entrer dans ces fédérations) valorisent leurs enseignants, qu’ils soient professionnels ou bénévoles ?

    Quoiqu’il en soit, c’est toujours un plaisir de te lire. Même si on ne partage pas toujours…

    1. Bonjour Pascal et merci pour la lecture.
      J’enseigne dans un dojo municipal et je suis embauché par une association. Je suis un pro mais je n’ai pas de dojo privé.
      Que veux-tu dirent par valorisent leurs enseignements ?
      Au plaisir d’échanger.
      Lionel

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Salut les budokas

lionel froidure karate

Je suis Lionel Froidure, budoka, karatéka, arnisador, réalisateur de nombreux DVD d’arts martiaux, présentateur des documentaires En Terre Martiale et j’adore partager mes découvertes pour vous aider à progresser. Au-delà de la transmission, mon but est d’inspirer les pratiquants à s’entraîner et de vivre leurs rêves comme moi.

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