👉 ❤️ Pour celles et ceux qui cherchent à progresser avec plus de compréhension, j’ai partagé un document issu de mon mémoire de 6e dan.

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Professeur de karaté : 6 raisons de ne jamais arrêter de se former

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Nous trouvons parfaitement normal qu’un médecin actualise ses connaissances, qu’un enseignant scolaire continue à travailler sa pédagogie ou qu’un artisan se forme à de nouveaux outils et de nouvelles techniques.

Alors pourquoi un professeur de karaté fonctionnerait-il différemment ?

Notre corps évolue. Nos élèves évoluent. Nos connaissances évoluent. Notre pratique elle-même évolue. Et ce que nous pensions avoir compris il y a dix ou vingt ans peut aujourd’hui prendre une tout autre profondeur.

Pourtant, lorsqu’on enseigne depuis longtemps, un phénomène assez subtil peut apparaître : on devient compétent dans ce que l’on fait. Les cours tournent, les élèves progressent, on sait répondre à beaucoup de situations. Et c’est justement là que peut commencer le danger.

Pas celui de ne plus rien savoir. Celui de ne plus suffisamment se demander pourquoi on fait les choses comme on les fait.

Voici six questions que je trouve intéressantes pour continuer à avancer quand on est déjà professeur de karaté.

1. Est-ce que vingt ans d’enseignement garantissent vraiment une progression ?

On peut enseigner pendant vingt ans et avoir vingt années d’expérience. Mais on peut aussi, sans vraiment s’en rendre compte, répéter vingt fois une grande partie de la même année.

Au début de notre parcours d’enseignant, presque tout provoque une question. Pourquoi cet élève ne comprend-il pas ? Est-ce que mon exercice est adapté ? Est-ce que je corrige trop ? Comment gérer plusieurs niveaux ? Puis l’expérience fait son travail. On apprend, on automatise, on développe des solutions qui fonctionnent.

Lors d’une récente Pause Café, la visio-conférence avec les membres d’Imagin’ Arts Digital, j’ai répondu à une question concernant l’intégration de nouveaux élèves dans un groupe. Je savais immédiatement ce que je faisais dans mon dojo et ce que j’allais répondre. Pourtant, après la discussion, la question m’est restée en tête : pourquoi est-ce que je fais exactement comme ça ?

Avec les années, j’avais construit une réponse pédagogique par accumulation d’expériences, de réussites et d’erreurs. Mais une partie du raisonnement était devenue inconsciente. Le fait de devoir l’expliquer m’a forcé à remettre des mots dessus et à mieux comprendre ma réponse.

C’est peut-être cela, l’un des premiers intérêts de continuer à se former : ne pas seulement chercher de nouvelles réponses, mais réinterroger celles que l’on possède déjà.

2. Ton karaté fonctionne-t-il encore lorsque l’autre ne joue plus à ton jeu ?

C’est une question que j’ai beaucoup explorée dans ma propre pratique.

Quand j’étais plus jeune, j’aimais m’entraîner avec des pratiquants qui ne venaient pas forcément du karaté. J’ai travaillé avec des personnes issues du nihon tai jitsu, du judo, du taekwondo et d’autres disciplines. Ces rencontres, hors cours et en tête à tête, faisaient immédiatement apparaître des choses que je ne voyais pas forcément dans mon environnement habituel.

Je me suis par exemple beaucoup entraîné avec un copain qui avait un niveau international en taekwondo. Si je restais à sa distance de jambes, la situation était assez simple : je prenais cher. Il était meilleur que moi dans cet espace, avec ses outils et ses habitudes. Essayer de faire mieux que lui ce qu’il faisait depuis des années n’aurait eu aucun sens.

Il fallait donc que je trouve comment utiliser mon karaté. Casser la distance, rentrer plus près, l’empêcher d’installer son jeu. Et une fois proche de lui, le rapport changeait : il se retrouvait sur les fesses. Lui me faisait progresser dans une zone où il était très fort ; moi, je lui posais des problèmes dans une distance où j’étais bien compétent. Enrichissement mutuel sans ego.

Même chose avec un judoka. J’ai rapidement compris pourquoi il s’entraîne depuis des années à saisir, déséquilibrer et projeter. Une fois ses mains en kumi kata, je devenais un chiffon.

Mais ce qui m’amusait justement était de modifier la convention. Quand il commençait à installer tranquillement ses saisies, j’aimais bien lui rappeler, gentiment, que mes genoux, ma tête pouvaient aussi trouver le chemin de son corps. Pas pour lui faire mal, évidemment.

Simplement pour changer le problème.

Tout à coup, il ne pouvait plus saisir exactement de la même manière. Et moi, je ne pouvais pas me contenter de frapper comme si personne ne cherchait à me projeter. Chacun était obligé d’adapter sa pratique.

C’est une forme de formation intéressante : mettre ce que l’on croit maîtriser dans un autre environnement avec d’autres conventions.

Nos propres élèves, avec les années, apprennent aussi inconsciemment notre langage, nos distances et nos exercices. Le pratiquant extérieur, lui, ne connaît pas le scénario.

Et parfois, c’est exactement ce dont nous avons besoin. Changer d’ambiance 😎

3. Est-ce que tous les exercices que tu enseignes développent encore quelque chose ?

C’est une question que je trouve plus intéressante que : « Est-ce que cet exercice fait parti du cursus de mon école ? »

Un éducatif n’est pas une finalité. Il est là pour développer une compétence.

Cela paraît évident lorsque je l’écris. Pourtant, dans les arts martiaux, nous pouvons très facilement continuer à reproduire un exercice parce qu’il appartient au cursus, parce qu’on l’a toujours fait.

Mais à quoi sert-il ? Qu’est-ce que je cherche précisément à développer chez l’élève ?

Et surtout : une fois cette compétence acquise, faut-il continuer à utiliser le même outil de la même façon ?

C’est quelque chose que j’ai exprimé assez clairement pendant notre échange : un éducatif reste un éducatif. Lorsqu’il a rempli son rôle, le pratiquant doit pouvoir passer à une situation qui lui demande autre chose. Sinon, on risque de maintenir un pratiquant avancé dans des exercices qu’il sait réaliser mais qui ne lui demandent pas de s’adapter.

Pour un professeur, se former consiste donc aussi à apprendre à regarder derrière l’exercice.

Pas seulement : « Qu’est-ce que je vais faire ce soir ? »

Mais : « Quelle compétence est-ce que je veux faire émerger ? »

Cette différence paraît petite. Pour moi, elle change énormément MA manière d’enseigner.

4. Peut-on très bien savoir faire quelque chose… et mal l’enseigner ?

Oui et je pense que NOUS avons parfois du mal à l’accepter.

Un pratiquant peut être techniquement excellent sans être un bon pédagogue. Son corps sait faire énormément de choses qu’il n’a jamais eu besoin de verbaliser. Il peut sentir instantanément un mauvais timing, une mauvaise distance ou une tension excessive sans être capable d’expliquer à l’élève comment les modifier.

Savoir faire et transmettre une compétence sont deux choses bien différentes.

C’est l’une des raisons pour lesquelles je m’intéresse autant à la pédagogie qu’à la technique.

Comment construire une progression ? Quand faut-il corriger ? Combien d’informations donner ? Comment faire en sorte que l’élève cherche au lieu d’attendre systématiquement la réponse du professeur ? Comment faire travailler dans le même cours une ceinture blanche et une ceinture noire sans donner simplement « quelque chose de plus compliqué » à la ceinture noire ?

Ce sont ces questions qui ont notamment nourri ma formation Pédagogie & Tatami, mais aussi les interventions pédagogiques que je réalise lors de stages et de formations dans différents départements.

Ce qui m’intéresse n’est pas d’arriver devant des enseignants pour leur expliquer « la bonne façon d’enseigner ». Cela ne correspondrait d’ailleurs pas du tout à ma vision.

Je préfère donner des problèmes à résoudre et proposer des outils qui peuvent y répondre.

A travers ces formations en présentiel ou en ligne, les enseignant ne repartent pas avec une nouvelle technique. Ils repartent avec une manière différente de lancer un exercice, de corriger un élève ou de structurer une progression. Et dès son prochain cours, quelque chose change.

C’est aussi de la formation martiale.

5. Aller voir ailleurs risque-t-il de diluer ton karaté ?

Pendant longtemps, je me suis posé cette question.

À force de pratiquer le karaté mais aussi d’aller chercher dans d’autres univers (nihon tai, kung fu, aikido, judo, taewondo…), j’ai parfois eu cette impression : est-ce que je fais encore réellement du karaté ?

Certains pratiquants me l’ont d’ailleurs dit : « Oui, mais toi, ce n’est plus vraiment du karaté que tu fais. »

Avec le temps, ma réponse a changé.

Je ne pense pas que travailler avec un judoka, un pratiquant de Nihon Tai Jitsu ou de Taekwondo ait dilué mon karaté. Pas plus que les arts martiaux philippins, auxquels je consacre énormément de temps.

Au contraire, ces rencontres m’ont souvent obligé à mieux définir ce qui m’intéressait réellement dans ma propre pratique martiale au sens large.

Mais je n’ai pas besoin ou l’envie de devenir expert de toutes ces disciplines.

Il faut aussi savoir creuser son propre sillon.

Se former ne veut pas forcément dire s’élargir sans cesse. Cela peut même produire l’effet inverse : une rencontre extérieure peut te ramener beaucoup plus profondément vers quelque chose que tu pratiques depuis trente ans.

C’est ce qui s’est produit pour moi. Toutes ces expériences ont finalement donné davantage d’épaisseur à mon vocabulaire martial et à ma manière d’enseigner le karaté.

La question n’est donc peut-être pas : « Est-ce que cela appartient à mon style ? »

Mais plutôt :

Qu’est-ce que cela m’aide à mieux comprendre dans ma pratique ?

6. Qu’est-ce qu’un professeur qui continue à chercher transmet à ses élèves ?

Probablement quelque chose de plus important qu’une réponse technique supplémentaire.

Il montre que l’apprentissage n’est pas terminé, que même lui, le sensei du dojo continue à se former malgré qu’il soit bien devant ces élèves.

Je pense qu’un professeur doit pouvoir dire : Je ne sais pas. Je vais regarder. J’ai changé ma perception de ce travail.

Ou même : Essayons ensemble.

La certitude permanente me paraît problématique.

Dans ma pratique, certaines questions me suivent parfois pendant plusieurs mois. Je travaille, je réfléchis, je cherche une réponse, puis lorsque j’ai l’occasion de retrouver un expert avec lequel je souhaite confronter cette recherche, ma question est devenue extrêmement précise.

J’ai raconté lors de la Pause Café qu’il m’était arrivé de chercher pendant six mois avant d’obtenir comme réponse :

« Oui, c’est ça. »

Six mois pour trois mots !

Mais ces trois mots validaient une recherche que j’avais réellement construite moi-même. Et parfois la réponse est différente : « Non, pas exactement. Regarde plutôt comme ça. » Alors je repars chercher.

Pour moi, c’est cela la progression. Pas attendre que quelqu’un nous donne sans cesse la prochaine réponse mais d’être CAPABLE de construire de meilleures questions.

Et en tant qu’enseignant, c’est aussi ce que j’aime transmettre.

Se former ne veut pas forcément dire faire toujours plus

C’est également une des idées qui se trouvent derrière le club vidéo de karaté.

Une grande partie des membres sont des pratiquants avancés et beaucoup enseignent eux-mêmes. Ils n’ont pas nécessairement besoin de cinquante nouvelles techniques.

Ils peuvent avoir besoin d’une autre manière de regarder celles qu’ils connaissent déjà.

C’est pourquoi la plateforme ne se limite pas à une accumulation de vidéos : formations techniques structurées, Pédagogie & Tatami, contenus d’experts, études historiques, Pause Café, analyses vidéo, échanges en visio… Chaque format doit idéalement provoquer quelque chose derrière l’écran.

Quelque chose que l’on a envie de vérifier au prochain keiko.

Parce qu’une vidéo, un livre, une formation ou une discussion ne remplacera jamais le tatami.

Mais ils peuvent changer ce que nous allons chercher sur le tatami.

Et finalement, c’est peut-être ainsi que je vois aujourd’hui la formation continue d’un professeur de karaté. Pas comme une accumulation de certificats. Pas comme une course permanente vers la nouveauté.

Mais comme la volonté de ne pas laisser l’expérience se transformer en certitude.

🧭 Si cette réflexion résonne avec ta pratique, le Club Vidéo de Karaté te permet de prolonger ce travail à travers des cours guidés, des exercices ciblés et des ressources pédagogiques exclusives.

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Des exercices et situations de travail structurées

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Lionel Froidure

Fondateur de Imagin' Arts - CN 7ème Dan Karaté - CN 7ème Arnis Doblete Rapilon - Professeur diplômé d’état DEJEPS - Instructeur Arnis Kali 3ème degré WADR - Enseignant au Blagnac Arts Martiaux - Ma citation : "Pour être un pratiquant il faut pratiquer. Alors pratiquons. » - J’adore partager mes connaissances pour vous permettre de progresser que ce soit au dojo, en stage et bien sur dans le Club Vidéo.

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lionel froidure karate

Je suis Lionel Froidure – 7e dan Karaté /  7e degré Arnis / réalisateur / formateur.

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