C’est une question qui revient souvent dans les dojos, les discussions entre enseignants, ou même lors des rendez-vous en ligne sur Imagin’ Arts Digital : Peut-on enseigner une technique qu’on ne sait pas (ou plus) faire ?
Certains te diront qu’un enseignant doit montrer l’exemple, tout faire, tout maîtriser. Qu’un sensei se doit d’incarner la technique jusqu’au bout des doigts. Mais la réalité du terrain est bien plus nuancée, plus humaine. Et surtout, plus riche.

L’expérience comme fondation
Un enseignant, ce n’est pas simplement quelqu’un qui montre, c’est d’abord quelqu’un qui transmet. Et cette transmission repose sur bien plus que la démonstration technique brute. Elle s’appuie sur une expérience accumulée, un regard affiné par des années de pratique, et une capacité à faire progresser l’autre.
Imagine un vieil arbre au tronc solide mais dont les branches ne s’élancent plus aussi haut qu’avant. Est-ce pour autant qu’il n’offre plus d’ombre, qu’il n’abrite plus de vie ? Loin de là. Il reste un pilier, un repère, un modèle de résilience.
De la même manière, un enseignant d’arts martiaux peut être un guide exceptionnel sans exécuter les techniques comme à 25 ans. Il les comprend, il sait les expliquer, il peut corriger un élève à la virgule près, parce qu’il connaît le chemin, même s’il ne peut plus courir dessus.

L’humilité comme puissance
En vérité, savoir enseigner sans pouvoir faire, c’est accepter une posture d’humilité. Et cette posture n’est pas une faiblesse : c’est une force pédagogique.
Lors d’une pause-café sur Imagin’ Arts Digital, un pratiquant exprimait son blocage : “Je ne peux plus faire certains sauts à cause d’une blessure. Ai-je encore légitimité à enseigner les katas qui les contiennent ?”
La réponse a fusé avec bienveillance : “Mais bien sûr ! À condition que tu sois capable de les expliquer, de les décortiquer, de guider l’élève à travers les étapes.” Un bon enseignant, ce n’est pas celui qui brille, c’est celui qui fait briller ses élèves.

Le rôle des outils pédagogiques modernes
Aujourd’hui, il est plus facile que jamais de compléter sa pédagogie avec des outils puissants. Tu ne peux pas faire le saut du kata Unsu ? Montre une vidéo de référence. Analyse-la au ralenti avec ton élève. Détaille les phases. Puis confie la démonstration à un élève avancé.
Et c’est là que Imagin’ Arts Digital entre en jeu comme un véritable dojo numérique. Tu y trouveras :
- Des formations complètes, comme Pédagogie & Tatami, qui t’aident à structurer ton enseignement même avec des limites physiques.
- Des contenus éducatifs pour enrichir tes cours, t’inspirer et ne jamais être à court d’idées.
- Des lives réguliers, où tu peux poser tes questions, échanger avec d’autres enseignants, et trouver des solutions concrètes à tes problématiques de terrain.
Bref, tu n’es pas seul dans ton parcours d’enseignant. Tu fais partie d’une communauté qui avance, progresse, et partage.

Les anciens comme modèles
Regarde les maîtres d’Okinawa, ces grands sensei de plus de 70 ans. Est-ce qu’ils font encore tous les katas comme à 30 ans ? Non. Et pourtant, tout le monde s’incline devant eux. Pourquoi ? Parce qu’ils inspirent. Parce qu’ils savent. Parce qu’ils transmettent l’essence.
Ils montrent, parfois par procuration, souvent par les mots, toujours par l’exemple de leur posture, de leur regard, de leur présence.
La martialité, ce n’est pas juste un coup de pied haut. C’est un état d’esprit. Une manière de vivre et de transmettre.

Recentrer le regard
La vraie question à se poser n’est pas : “Suis-je assez bon pour enseigner si je ne peux pas tout faire ?” Mais plutôt : “Puis-je aider mes élèves à progresser ? À grandir ? À se dépasser ?”
Si tu es capable de ça, alors tu es déjà un enseignant. Et un bon.
Parce qu’au fond, enseigner les arts martiaux, ce n’est pas montrer qu’on est le plus fort. C’est guider.
Et parfois, le meilleur guide, c’est celui qui connaît les obstacles pour les avoir franchis, contournés, ou même subis. Celui qui peut dire : “Fais attention ici, le terrain glisse. J’y ai perdu l’équilibre une fois.”
Alors, peut-on enseigner sans savoir faire ?
Oui, mille fois oui. À condition d’incarner, d’expliquer, de soutenir, de transmettre.
Et si tu veux aller plus loin dans cette voie, te former, gagner en confiance, je t’invite à explorer Le Club Vidéo de Karaté sur Digital. Tu y découvriras une vraie boîte à outils pour enseignants, des ressources adaptées, des conseils pratiques, et surtout une communauté bienveillante qui avance ensemble.
Parce qu’un bon sensei n’est pas celui qui sait tout faire. C’est celui qui fait grandir les autres.







